assurer les fondamentaux
securiser l’accompagnement de la personne accueillie
le projet personnalise
Outil de coordination et de co-construction de l’accompagnement des personnes fragiles, le projet personnalisé peine encore à être déployé.
Selon l’Enquête nationale Bientraitance de l’ANESM de 2015, 84 % des EHPAD ont élaboré des projets personnalisés, mais seulement 34 % les réévaluent en cas de modification des potentialités du résident. 72 % ont construit le projet personnalisé en co-construction avec le résident, alors que 16 % l’ont effectué sans le résident ou son entourage. Souvent perçu comme lourd et complexe, le projet personnalisé est pourtant un formidable outil d'échange, garant du lien entre la personne accompagnée et la structure.
la bientraitance
La promotion de la bientraitance est partout. Mais pourquoi une telle insistance pour défendre une notion aussi « évidente » ? Affirmer la bientraitance de son établissement, c’est répondre à la perception qu'à le grand public du secteur: en 2017, 68% des français jugeaient insatisfaisante la prise en charge du grand âge. Et l’actualité ravive régulièrement les débats. Mais si le sujet est si prégnant, c’est aussi parce qu’il est souvent utilisé comme un mot valise dont chacun a sa définition. La bientraitance, essentielle mais floue, appelle donc un travail collectif d’appropriation concrète. Partagée par tous, cette démarche apaise et sécurise aussi bien les équipes que les personnes accompagnées.
Vers l'autodetermination
Recommandations, lois, référentiels, webinaires : l’autodétermination est sur toutes les lèvres. A première vue, on peut s’étonner de cette insistance : soutenir les personnes fragiles vers leur autonomie n’est-elle pas la raison d’être du secteur ? Quel professionnel ne se réjouit pas quand un enfant réalise un trajet seul pour la première fois ? Quand on y regarde de plus près, on mesure à quel point l’autodétermination va plus loin, et les enjeux qu’elle soulève. Reconnaître que la personne accompagnée est capable de décider elle-même implique forcément de requestionner le rôle de chaque acteur. L’établissement est-il réellement organisé au quotidien pour le permettre ? Fait-on vraiment tout pour que les personnes s’expriment, y compris quand elles n’en ont plus la capacité ?
Entre droit fondamental des personnes et mission des professionnels, l’autodétermination doit trouver sa vraie place au quotidien.
Les évènements (in)désirables
Dans son 1er bilan des évaluations en 2023, la HAS citait la gestion des évènements indésirables parmi les pistes à améliorer et les critères impératifs « les moins satisfaits ». Entre 32 et 37 % des 3 000 ESSMS évalués n’avaient pas obtenu la cotation 4 sur les 4 critères impératifs concernés. Une analyse plus fine montrait que parmi l’ensemble des structures, les EHPAD avaient les meilleurs résultats. En 2024, les ESSMS évalués ne sont pas plus nombreux à avoir organiser leur circuit, et ils communiquent moins sur le traitement des EI. Leurs professionnels participent moins souvent qu’en 2023 à l’analyse des EI et leurs actions correctives. La HAS note un décalage entre l’organisation mise en place et la mise en œuvre par les professionnels. La gestion des évènements indésirables demeure un enjeu du secteur où chacun peut se mobiliser, à condition qu’il soit au clair sur son rôle et comment le mettre en œuvre.